Agilité et adaptabilité
04/12/2024

Vivre et enseigner autrement ...

Durant un mois, j'ai vécu une expérience qui a complètement redéfini ma perception du mot adaptabilité.
Partir enseigner dans un petit village sénégalais, c'est bien plus qu'un simple stage à l'étranger. C'est apprendre à vivre autrement — à dormir sous un autre toit, à manger autrement, à ralentir, à écouter, à ressentir. C'est accepter que les repères habituels n'existent plus et découvrir qu'on peut très bien s'en passer.
Je me suis immergée dans une culture profondément différente de la mienne. Loin de mes routines européennes, j'ai partagé le quotidien d'une famille locale qui m'a accueillie comme une des leurs. Le choc culturel n'a pas été un obstacle, mais une invitation : à observer avant d'agir, à comprendre avant de juger, à s'adapter plutôt qu'à résister.
En classe, c'était la même chose : les méthodes d'enseignement, les rythmes, la dynamique entre professeurs et élèves… tout était nouveau. Il a fallu faire preuve d'écoute, de souplesse et parfois d'improvisation. Très vite, j'ai compris que l'agilité ne se limite pas à la capacité de rebondir. C'est aussi celle de s'effacer, de se réinventer, de construire autrement.
Ce mois passé au Sénégal a été un vrai terrain d'apprentissage humain. Il m'a rendue plus consciente, plus ouverte, plus adaptable — en bref, plus prête à faire face à l'inattendu, en classe comme dans la vie.
Nio far
« Nio far » il nous a dit,
« Nio far » a introduit,
Moi, à Namur, assise au milieu de cette salle froide,
Je pensais avoir compris,
Jusqu'à ce que j'atterrisse ici.
« Nio far » je leur ai dit,
Ils ont d'abord ris de ma mauvaise prononciation, de mon accent.
« Nio far »,
Pendant un mois,
Ils m'ont appris ce que ce mot veut dire,
À travers leur sourire.
Les bagages fermés,
Je rentre la tête et le cœur rempli.
Je vous laisse deviner,
Les yeux mouillés,
Le dernier mot qu'ils m'ont dit.
