Pensée critique
Plus je parle, moins mes élèves sont autonomes quand je suis parti. Expliquer est une manière d'apprendre extraordinaire, alors qui a le plus besoin d'expliquer ? Le prof ou l'élève ?
Mr. John Rizzo
L'école en 2025 : comment je la vois ?
Comment ne pas commencer sans parler de l'autonomie ?
Selon moi, la chose la plus importante à inculquer à un enfant, dès sa naissance, c'est de devenir autonome. Pour me recentrer sur ma future pratique enseignante, je développerai cette autonomie dès mon premier mois de pratique. Je pousserai mes élèves à être curieux, à chercher. Apprendre à chercher est la clé de tout, selon moi. Je pense qu'il est grand temps d'arrêter de donner la réponse à nos enfants, de ne même pas leur laisser l'occasion de chercher. Alors que c'est bien connu, un enfant est curieux, il aime ça, chercher !
Comme le dit si bien Debbie Diller, créatrice des centres de littératie (précurseur des centres d'autonomie) : « La littérature ne concerne pas seulement la lecture et l'écriture mais aussi la création de l'environnement qui encourage Ies élèves à explorer. »
Alors, qu'attendons-nous pour les laisser explorer ?
Et ce que je souhaiterais, c'est mélanger cette autonomie à l'entraide, les deux vont de pair. Comme le dit si bien Sylvain Connac, L'union fait la force ! J'organiserai ma classe afin d'inclure l'entraide, le travail en groupe Organisons nos écoles comme une forêt bien gérée (Mr. John Rizzo).
Alors oui, cette pédagogie peut faire peur et est souvent difficile à être mise en place, mais je pense que petit à petit il est possible d'arriver à un enseignement beaucoup moins frontal que ce que nous avons trop souvent l'habitude de voir. Comme Mr. John Rizzo a dit : Plus je parle, moins mes élèves sont autonomes quand je suis parti. Expliquer est une manière d'apprendre extraordinaire, alors qui a le plus besoin d'expliquer ? Le prof ou l'élève ?
J'aimerais également construire ma classe dans une pensée innovante : OSER ! Oser entreprendre, se tromper, apprendre de ses erreurs. Je me suis beaucoup reconnue dans la pensée de Jean-Pierre Astolfi qui dit que l'erreur est un outil pour enseigner, l'important pour apprendre vraiment c'est l'obstacle. J'aimerais inculquer cette pensée aux enfants : nous devons nous tromper pour apprendre, pour avancer. Nous devons oser. Si nous ne faisons rien, il ne se passera rien.
J'aimerais apprendre à mes élèves à entreprendre, à utiliser ses idées, ses ressources pour arriver à quelque chose de concret. Oser se lancer, ne pas avoir peur de se tromper. Et c'est ici que mes pensées ne sont pas en accord avec Monsieur Ivan Illich qui pense que l'école est le seul lieu où on apprend ce que nous n'avons pas besoin de savoir. J'ai envie de lui donner tort car j'ose espérer que tous les enseignants de demain plongerons leur classe dans une pensée innovante, apprendre aux enfants à entreprendre, apprendre aux enfants à oser. Ils en auront besoin tous les jours de leur vie.
Quand je cite Encourager les enfants à explorer (Mme. Debbie Diller), l'important pour apprendre vraiment c'est l'obstacle (Mr. Jean-Pierre Astolfi), … quoi de mieux que d'apprendre aux enfants à résoudre des problèmes complexes ? De vivre des situation problème ? Etant donné qu'être face à une situation problème est quotidien pour un être humain.
Pour ma future pratique enseignante, j'aimerais développer l'esprit critique de mes élèves, donner du sens à leur apprentissage afin de les motiver. Les idées de Monsieur Gerard De Vecchi rejoignent les idées de Monsieur Jean-Pierre Astolfi en disant que les enfants apprennent de leurs erreurs.
Enfin, le métier d'institutrice primaire est un métier dans lequel je devrai être sans cesse plongée dans une pensée critique. En effet, je m'engage à adopter une démarche réflexive au quotidien, en analysant chaque semaine et chaque journée de travail avec rigueur et intention. Tenir un journal, une trace, dans lequel je noterai ce qui a été, ce qui n'a pas été, ne pas avoir peur de modifier, ajuster, boycotter ce qui ne me ressemble pas, ce qui n'est pas en accord avec mes valeurs. Continuer à me former en suivant des conférences, à chercher, à m'intéresser, à faire de nouvelles connaissances, afin de devenir, chaque jour un peu plus juste et en accord avec mes valeurs et essayer d'élever tous mes élèves le plus haut possible.
Pour moi, un bon enseignant a soif d'apprendre, un bon enseignant ose modifier, innover.
Pour moi, un bon enseignant se trompe et se relève, teste.
Dans ma future pratique professionnelle, je m'appuierai sur toutes ces valeurs citées pour petit à petit m'imposer dans ce métier, pour créer une identité enseignante qui évoluera et changera certes, mais qui me sera utile toute ma vie.
Développer l'esprit critique chez les enfants : la rivière du doute, un outil utile
Pour travailler l'esprit critique avec mes élèves, j'ai imaginé un outil simple, vivant et surtout… incarné dans le corps : la Rivière du doute.
Le principe ? Trois pancartes placées dans la classe : "D'accord", "Pas d'accord" et "La rivière du doute". À partir d'affirmations que je propose (ou qui émergent dans la vie de classe), les enfants se déplacent physiquement pour se positionner. Ils expriment ensuite leur point de vue, écoutent celui des autres, apprennent à argumenter, à nuancer… et parfois, à changer d'avis.
C'est un outil que je peux aussi sortir spontanément, si une question importante ou une discussion sensible surgit. Si je perçois du désaccord, de la curiosité ou même un flou autour d'un sujet de société ou de vie quotidienne, la Rivière du doute devient un déclencheur de débat.
C'est une façon d'apprendre à penser dès le plus jeune âge, à s'écouter, à se confronter aux autres sans se blesser, à formuler un avis personnel sans tomber dans l'opinion toute faite. On y cultive le doute sain, la réflexion critique, l'ouverture à la diversité des idées.
Un petit outil... pour une grande compétence.


